Qu’est-ce que ça veut dire d’être intéressé ?

Quand on est intéressé, on a notre attention qui est captée par la chose qui nous intéresse. On est « là » dans le présent plutôt « qu’ailleurs ». Ce qui est intéressant est ce qui ressort du paysage habituel.

Une idée intéressante est une idée qui sort du lot. Mais comment une idée peut-elle sortir du lot ? Elle doit nécessairement aller dans un sens contraire au reste. Ce que nous trouvons intéressant est donc ce qui nie une de nos présuppositions.

Anatomie de l’intéressant

La structure de l’intéressant

Toutes les propositions intéressantes rejettent une de nos présuppositions. Elles créent une distinction entre la phénoménologie (perception du monde) et l’ontologie (réalité du monde). Une idée intéressante commence généralement par articuler une préconception phénoménologique, puis elle la rejette au nom d’une réalité plus profonde.

D’après Davis (1971), il existerait douze manières de créer des idées intéressantes. En voici trois :

  1. Généralisation : Ce qui semblerait être un phénomène local est en fait global (ou vice versa). Exemple : Tomkins & McCarter (1964) sur l’universalité des expressions faciales.
  2. Fonction : Ce qui semblerait fonctionner inefficacement fonctionne en fait efficacement (ou vice-versa). Exemple : La criminalisation des drogues peut exacerber la consommation.
  3. Causalité : Ce qui semblerait indépendant est en fait causé par un autre phénomène. Exemple : Levitt et Donohue sur le lien entre avortement et taux de criminalité.

Conclusion

Il faut faire attention avec la manière dont on présente nos idées. Si l’attachement à la préconception est fort, il est possible que l’audience rejette l’idée comme folle. Peut-être est-ce pour ça que les génies sont souvent pris pour des fous ?

Ce texte est inspiré de : Davis, M. S. (1971). That’s interesting! Towards a phenomenology of sociology and a sociology of phenomenology. Philosophy of the social sciences, 1(2), 309-344.